Considérations sur les vacances

Publié le par Properce

Quand la barbarie du travail cède, pour un temps, à celle des loisirs : malheur de voir le monde comme une vitrine qu'on aborde à pas lents, avec des allures bovines ; troupeau humain effondré dans un bien-être que réglent des vigiles. Eviter les chiens et déguster sa glace, couvert de pacotille. Baiser parce que c'est le moment ou jamais, parce que le temps a disparu : ainsi donc, évitons les longueurs. Vie portative avec frigo idoine. Consommer chaque miasme de l'éternel présent. Ne plus parler que par borborygmes. Dictature des enfants. Mourir enfin plus con que jamais, encrémé sous un beau soleil pourri.

Désastre s'il manque un seul côté à ce triangle, une seule dimension à cette ascèse : bien-aimer, bien-vivre, bien-dire. Le touriste, comme production mondiale indifférenciée, est à l'exact opposé de tous les types ascétiques de l'histoire humaine. Le bon temps comme haine de la vie, et de la sienne en particulier.

Publié dans Autopsie du présent

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