Un secteur de l'Etat prépare-t-il une nouvelle insurrection ?

Publié le par Properce

Les récentes saillies du petit Nicolas contre les juges pour enfants de Seine Saint-Denis  sentent le retour au naturel : un nouveau coup de pyromanie pompière, et hop, la campagne présidentielle s'ouvre en replaçant la sécurité au centre (au "coeur") des débats des "français".

Fallait-il se venger du piège de guérilla malignement tendu aux CRS en Essone, ces derniers jours ? Fallait-il que la corporation des agents du maintien de l'ordre fût rassurée par le jeune papounet de l'intérieur ? Ou faut-il donner à l'UMP le pemier coup de sifflet qui donne enfin le vrai sens à son acronyme : Union pour une Milice Populo ?

La bourgeoisie a réussi depuis fort longtemps à faire en sorte que les enfants tirent les conclusions pratiques de ce qu'ils voient à la télé : quoi de plus simple de les rabattre vers les beaufs, surtout si ceux-ci se font linguistes comme Bénisti, ou fins tacticiens comme Devedjian. En plus, le médiatico-parlementaire adore les anniversaires, comme les enfants : avec la bougie qui s'enflamme quand on souflle.

On recoïnce le Villepin dans une troisième insurrection, on donne la permission aux pousses-au-jouir post coloniaux de se faire des ratonnades, on plastronne en pacificateur modéré, ambigu, radical, jaculatoire. Et on fait sa contre-insurrection, en disant que l'Etat d'urgence, ça n'est pas suffisant. Il y pense certainement parce qu'il se croit intelligent, alors qu'il est seulement rusé. Il se la joue Fouché, parce que ça consonne avec faux-jeton. Un chouïa de coup d'Etat, un chouïa d'appel au calme. Chirac au inauguré la république des francs-chouïas.

Les imbéciles pensent que c'est le problème de la justice qui est en jeu. Mais non : c'est la république qui est en question. Organiser des brutalités en étant en position de force, se faire acclamer comme ultime recours, jouer les césars, montrer qu'on a des bottes sous les charentaises, fonder la 6ème avec Ubu-Nicolas-1er. Brutal, idiot, malsain. La franchouille, quoi, depuis thermidor.

La gauche va pleurnicher, et Ségolène consulter ses militaires : oui mais, ça ne branle plus dans le manche, puisqu'on n'a jamais vu une gauche française, depuis la fin de la Commune, qui ne revât d'être
aussi du côté du manche. Non aux matraques luisantes, vivent les matraques farinées, et ejusdem farinae.

Cornegidouille, il est plus râblé que le Bonaparte. Mais avec moins de lettres. Et plus de vulgarité. Et même s'il fait mine de, et ne fait rien, il en fait déjà assez pour être l'emblême de la bêtise française. 300 fromages, ça n'est pas assez.

Si le coquin nous impose des brutalités pareilles, je dirai comme la marquise de Merteuil au comte de Valmont : "Eh bien, va pour la guerre".

Publié dans Autopsie du présent

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