Non, je n'aurai pas de titre accrocheur (*)

Publié le par Properce

J'ai de bonnes et anciennes raisons pour cela, dont l'exposition demanderait plus d'un article.

Mais s'il fallait les réduire à une formule, je dirais alors : plus bas que l'homme informé (**), il y a l'homme accroché. Celui qui passe et qui "navigue", mais qui à la différence d'Ulysse, n'a pas pris la précaution de se faire attacher au mât de son navire.

D'ailleurs il n'a pas de navire, mais, le plus souvent un ordinateur. Pour entendre toutes les sirènes. Il n'a pas d'entraves non plus, puisque c'est un "homme libre" : mais, par une curieuse rencontre des vocabulaires et des époques, il se trouve que cet homme libre n'arrête pas de suivre des liens.

Il passait, touriste sur la Canebière, informé de tout, et s'est fait accrocher par un turlupin pour manger une bouillabaisse sordide. Le voilà qui mange son gruau de touriste, en affectant de croire que c'est un plat de roi. Il recommandera bientôt l'adresse ou le lien à d'autres hommes informés.

Car voilà toute la différence entre un homme cultivé (***) et un homme informé : le second peut être accroché et bavarder sur sa liberté ; le second n'est accroché qu'une fois par une même bêtise et en garde la honte pour lui.

Mais j'en ai assez dit pour un premier article.

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(*) "Essayez de trouver un titre accrocheur " (Conseil de l'aide en ligne)

(**) Celui qui croit tout savoir sur le monde par le biais d'une lucarne qu'il n'a pas creusé lui-même - et d'ailleurs que peut-on voir par une lucarne ?

(***) Ma concierge peut être une femme cultivée, tandis que les grands de ce monde et la foule de leurs clients doivent être informés. La culture n'est pas affaire de "moyens" comme on dit maintenant. D'ailleurs l'homme informé veut des moyens, tandis que ma concierge, elle, veut les fins. Et elle en obtient quelques unes.

Publié dans Giroflée-girofla

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